Festival de Cannes - Oka (Notre maison) de Souleymane Cissé s’engage aussi pour le Mali

Cinquième film dévoilé à Cannes pour le réalisateur malien Souleymane Cissé. Après Finye (Le Vent) en 1982 au Certain Regard, Yeelen (La Lumière), Prix du Jury en 1987, Waati (Le Temps) en Compétition en 1995, et Min Ye... (Dis moi qui tu es...) en Séance Spéciale en 2009, le cinéaste présente Oka. O Ka ("Notre maison" en langue bambara), ou le foyer d'un artiste de Bamako, qui le rattache à ses parents, à son histoire et à ses souvenirs.


 "C'est une saga, la saga des Cissé. Une autobiographie à plusieurs voix".  suggère Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française. "Le film remonte plusieurs générations, parcourt toutes les époques". Ces voix sont celles de Souleymane Cissé mais aussi de ses proches, des générations précédentes, du père qui a veillé à l'éducation de ses enfants, et de ses quatre sœurs, qui se voient forcées par la police à quitter la maison de leur enfance en 2008. Pour cela, c'est un film dédié aux femmes.

Au travers du personnage du petit garçon et des images de nature, de faune et de flore "qui irriguent toute l'œuvre de Souleymane Cissé", comme le souligne Thomas Vallon, scénariste, le réalisateur porte un tendre regard sur son enfance passée à Bozola, un quartier pauvre et vivant de Bamako. Mais un regard, aussi, où "le Mali est une autre maison en péril", avec le sentiment que le "sort s'acharne, que la justice et la vérité sont attaquées par des forces incontrôlables", ajoute Thomas Vallon.

Avec ce long métrage, le grand metteur en scène situe à nouveau l'intrigue de son œuvre dans le pays de ses ancêtres, dans un majestueux Mali qu'il a vu plonger avec impuissance dans la guerre. Mais le message d'espoir est bien réel : la valeur de l'éducation et la force de l'amour peuvent faire basculer les choses.